Hurleur roux Le singe tranquille

Si, chez l’homme, la discussion reste ouverte, pour le singe hurleur l’affaire semble entendue : l’essence précède l’existence. Son caractère, sa nature profonde sont ainsi, le hurleur roux est un singe tranquille. Nous nous plaisons à croire qu’une part de libre-arbitre dirige nos actes et, particulièrement lorsque nous traitons de primates, l’anthropomorphisme nous guette, sous le calme apparent des mots. Leur physionomie nous est familière, sinon ressemblante. Leurs gestes nous renvoient à nous-mêmes et à notre liberté. Mais leurs actions sont dictées par leurs gènes et la physiologie qui en découle. L’essence du singe hurleur étant la tranquillité, son existence est à cette image. L’évolution l’a contraint à cette bonhomie, aussi sûrement qu’elle a condamné l’homme à la liberté de ses actes.

Aujourd’hui, je suis libre d’être tranquille, assis sur une branche de la canopée guyanaise à regarder les hurleurs évoluer calmement dans les arbres, enfermés dans leur apparente liberté de choix et d’espaces restreints. Qui est le plus satisfait : l’homme conscient de sa capacité de choix, tout comme il est conscient du peu d’usage qu’il en fait souvent, bridé par des oppressions multiples et extérieures autant que par ses propres peurs ? Ou le singe qui chaque jour trouve des fruits et des ...

Nos lecteurs ont lu ensuite

Il vous reste 88% de l'article à lire.
La suite est réservée à nos abonnés.
Vous avez déjà un compte ou un abonnement ? Se connecter
Souhaitez-vous lire cet article gratuitement ?
Créer un compte

Vous préferez lire Boukan en illimité ?
Je m'abonne
Logo payement
X
Le téléchargement des PDF des numéros n'est pas inclus dans votre abonnement
Envie de télécharger ce numéro au format digital ?

L'intégralité des articles et les PDF pour 29€ par an
Je m'abonne
Logo payement