Theatre de Macouria, vendredi 13 décembre Spectacle « Oyapock »
Le theâtre est plongé dans une pénombre tout juste éclaircie par quelques lumières. Sur scène, dix chaises vides sont disposées en arc de cercle. En fond, une ambiance sonore suggère la vie sur l’Oyapock : les bruits de la forêt amazonienne et du fleuve frontière, le chant des coqs des villages….Le temps s'arrête quelques minutes.
Puis les musiciens s’installent, la scène s’éclaire, ils jouent. Un son intense et continu nous envahit, il est impossible de distinguer les instruments traditionnels des contrebasses et vents du quatuor No Tongues, il y a juste cette longue plainte dense qui s’accélère, se transforme pour disparaître brutalement. Nous ne savons plus où nous sommes et où ce voyage va nous mener, mais nous avons conscience que l’on vient de nous entrouvrir une porte secrète, celle du royaume des traditions ancestrales des populations Teko et Wayãpi de Guyane Française. Mais pas seulement. Ainsi débute le spectacle « Oyapock », sur cette ouverture magistrale qui résume à elle seule la force de cette création collective entre le quatuor nantais, et les musiciens de Camopi et de Trois-Sauts : une heure de découverte d’un spectacle aux sonorités troublantes, fruit d'un travail d’une rare délicatesse. Délicatesse dans la composition du quatuor, qui a su percevoir l’essence de cette musique amérindienne et l’habiller avec subtilité pour l’amener vers l’univers du jazz et de la musique contemporaine, sans jamais la dévorer ni en dénaturer sa forme mélodique particulière (chants de « l’appel des jeunes filles, « les étrangers sont arrivés ») ou sa puissance rythmique répétitive et guerrière. Mais qui a également compris que cet art va bien au-delà et englobe aussi un rapport particulier à la Nature et au monde. Ce lien nous apparait notamment grâce à un habillage sonore discret mais......
