Emile Boutelier
Emile Boutelier

Les éleveurs pris dans la gueule du jaguar

Les éleveurs de Guyane déplorent plus d’une centaine d’attaques de jaguar par an. Une perte sèche pour un secteur déjà fragile, qu’aucun dispositif étatique ne reconnaît ou n’indemnise. Si certains abandonnent leur exploitation, nombreux sont ceux qui reconnaissent tirer eux-mêmes le jaguar. En toute illégalité. Un braconnage qui appelle une évolution des dispositifs de cohabitation entre l’homme et le jaguar, alors que la Guyane est considérée comme une “ zone source” pour cette espèce “ protégée ”.

Jean-Jacques de Granville ou l’âge d’or des naturalistes explorateurs

Il n’est pas rare de croiser en Guyane, sur le mur défraîchi d’un salon ou d’une salle de bain, l’une de ces planches de Palmiers de Guyane, dessinées en nuances de beige sur fond blanc, avec toujours en guise d’échelle la silhouette d’un randonneur. Ces planches, on les doit à la plume habile du naturaliste Jean-Jacques de Granville, le « roi du palmier », qui s’est éteint à l’âge de 79 ans le 13 décembre 2022. Explorateur hors pair, collecteur obsédé, personnalité iconoclaste et grand vulgarisateur, il a passé plus de 50 ans de sa vie à arpenter les forêts de Guyane les plus reculées, dans ce qui s’apparente à l’un des plus importants travaux d’amassage floristique exploratoire de Guyane.

Derrière la criminalisation des voltigeurs de Cayenne : la fin du carnaval de rue ?

Un dimanche de février 2022, rue Lallouette à Cayenne. En survêtements du Réal Madrid ou du Paris-Saint-Germain, masques de gorilles ou bandanas sur le visage, sneakers aux pieds, une foule de plusieurs centaines d’adolescents, parfois très jeunes, suit d’un pas cadencé les tambours de Kassialata, le plus grand groupe du carnaval de Cayenne. Leurs habits sombres, la densité de leur marche, leur excitation électrique, contrastent avec le satin et les sourires marmoréens des danseurs “ officiels ” qui les précèdent. Tous, sont transis par les tambours viscéraux de l’orchestre. Soudain, de violents remous parcourent la foule. Les visages se crispent, les corps s’habitent d’une raideur martiale et claque une pluie de coups, sans que personne ne sache vraiment qui frappe qui. La “ salade de calottes ” a commencé. Dans la bousculade, les colosses bodybuildés de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de Cayenne, gilets par-balles et Sig Sauer à la taille, regards froncés et mâchoires froides, se frayent un chemin à grand renfort de matraques et de gaz lacrymogènes. Puis tout à coup, le calme revient, le défilé repart, et les mêmes qui s’entre-talochaient furieusement reprennent leur danse côte à côte.
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