Entretien avec Jacques Santou, auteur de « Ataï, le Kanak révolté »
Boukan : Votre livre Ataï, le Kanak révolté redonne vie à une figure emblématique mais encore méconnue de l’histoire calédonienne. Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce récit aujourd’hui ?
Jacques Santou : Pour répondre à cette question, il me faut remonter plusieurs années en arrière. Étudiant aux “Langues O” — l’actuel INALCO — j’ai étudié la langue d’Houaïlou avec le fils du grand missionnaire ethnologue Maurice Leenhardt. Ses livres, véritable mine de renseignements sur la vie autochtone, m’ont énormément aidé pour la rédaction de mon ouvrage. Il faut se rappeler qu’il arriva sur le « Caillou » en 1902, à un moment où l’on disait : “Dans dix ans, il n’y aura plus un seul Kanak.” C’était à peine cinquante ans après la prise de possession française, et déjà une hécatombe avait frappé ce peuple — maladies, morts, exils.
Boukan : Vous évoquez souvent des rencontres décisives. Quelles figures ont marqué votre parcours d’ethnologue et d’écrivain ?
Jacques Santou :Une rencontre essentielle fut celle de la linguiste Jacqueline de La Fontinelle — la mère d’Emmanuel Kasarhérou, aujourd’hui directeur du musée du qua......
