GUYANA La raffinerie à 4,4 milliards de dollars mettrait le pays en faillite
Suite à la découverte d'un immense gisement off-shore* par ExxonMobil en 2015, le Guyana s'invite à la table des petits pays producteurs de pétrole. La société civile presse le gouvernement de construire une raffinerie. Une entreprise à haut risque, selon les experts.
Le coût de construction d'une raffinerie dépend de la complexité de son équipement , du type de brut à traiter, de la capacité globale et aussi de la localisation. Il varie de 1 à 6 milliards U$, selon les experts. Au Guyana, le projet exige de définir un périmètre de 20 à 30 km2 dans une zone protégée le long de la côte atlantique et creuser un canal d'accès en eau profonde d'un kilomètre de large. Il en coûterait à l'État 4,4 milliards U$, soit plus de trois fois sa dette extérieure, ou encore quatre années du budget national. Un tel investissement conduirait la nation droit à la faillite ! En outre, les dépenses de fonctionnement comprenant frais d'entretien et de personnel représenteraient environ 15 millions U$ par mois, un montant prohibitif pour ce pays de 750 000 habitants ! Pour Michael Boer, ancien chercheur analyste chez British Petroleum et actuellement au service de l'Arabie Saoudite, le gouvernement guyanien commettrait une grave erreur en misant tout l'argent des contribuables sur l'or noir. « Un choix qu'il regrettera plus tard », dit il. Et de poursuivre : « Compte tenu de la volatilité du pétrole à long terme, l'État doit privilégier le secteur privé international et les bailleurs étrangers disposant de larges réserves de liquidités comme la Chine. » En d'autres termes, l'État doit seulement réglementer l'activité de raffinage et collecter les redevances auprès des investisseurs pour proté......
