GUYANA Le nouveau président n’aura pas les coudées franches


Finalement le 28 novembre 2011 les Guyaniens ont reconduit l’équipe sortante en élisant l’économiste Donald Ramotar, succédant ainsi à Jagdeo, malgré une opposition qui aura essayé de rassembler au-delà des clivages ethniques, avec pour candidat D. Granger, un général de brigade à la retraite qui alla jusqu’à proposer un gouvernement d’unité nationale tant il juge la situation calamiteuse : un pays livré au narcotrafic, en proie à la violence, de fortes inégalités, beaucoup de pauvreté, de chômage et une fuite de la matière grise. Cependant, le gouvernement a été revigoré par les bons chiffres macroéconomiques du premier semestre, au-delà des prévisions ; la croissance a ainsi été révisée à la hausse, de 4,6 à 5,1 %. L’équipe sortante a aussi su parfaitement médiatiser l’arrivée de nombreux investisseurs étrangers dans le secteur minier, notamment la société canadienne Guyana Goldfields Inc. qui va mettre en service d’ici trois ans la première mine d’or souterraine du plateau des Guyanes. Faisant valoir un autre atout naturel, le gouvernement n’a pas manqué de rappeler que l’exploitation des abondantes réserves de pétrole au large des côtes guyaniennes allait modifier très favorablement la donne économique et sociale du pays. Le président Jagdeo a pu également surfer sur sa stratégie de croissance à faible empreinte de carbone, qui lui a valu une aide de 250 millions de dollars par la Norvège, conformément à l’accord signé entre les deux pays fin 2009. Cet argent vert permettra de financer en partie le méga-projet de centrale hydroélectrique d’Amaila, qui entraînera chez le consommateur guyanien une diminution de 40% de sa facture d’électricité. Toutefois, suite à ces élections, D. Ramotar aura fort à faire : pour la première fois dans l’histoire du pays, le parti au pouvoir ne dispose pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale ; le nouveau gouvernement devra donc solliciter l’appui de l’opposition pour le vote du budget et l’adoption des projets de loi, ou alors passer en force et s’exposer à un vote de défiance... Photo Guyana Times © guyanatimesgy.com

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