Retour sur les rêves perdus de l’agriculture guyanaise, la folie des grandeurs ?

Depuis que l’état a commencé à intervenir en faveur de l’agriculture en Guyane, depuis les premières stratégies de colonisation jusqu’à nos jours, de nombreux projets de plus ou moins grande envergure se sont succédés. Des objectifs ambitieux, des investissements publics considérables, l’appui des organismes de recherche, mais presque toujours des échecs pour solde de tout compte. Et l’agriculture de Guyane ne nourrit pas sa population en 2011, alors que la plupart des projets agricoles avaient pour objectif l’exportation… Nous souhaitons revenir ici sur cet historique jalonné d’espoirs et de désillusions, comprendre l’histoire pour envisager, si possible, de ne pas reproduire à l’avenir les erreurs du passé. La logique de développement qui amènerait à commencer petit pour mieux grandir ensuite n’aurait-elle pas sa place en Guyane ?

Court historique des échecs guyanais jusqu’en 1950

La première grande tentative de mise en valeur agricole peut être datée de l’année 1763 et attribuée au ministre de la marine, Choiseul. L’un de ses objectifs est d’approvisionner les Antilles en bétail et cultures vivrières. “L’expédition de Kourou” rassemble plus de 10 000 volontaires venus de France et d’Allemagne, attirés par les promesses d’eldorado. Mais après quelques années le bilan est lourd : quelques centaines d’installations seulement, contre près de 6 000 morts et 3 000 rapatriements. Dans les années 1820-1830, les gouverneurs décident de faire de la Guyane une colonie sucrière, sur le modèle antillais. En 1836, 1 600 hectares sont dédiés à la canne sur les 12 000 mis en culture. Mais les propriétaires des Habitations négligent les productions vivrières pour les 18 000 esclaves de la colonie, et la période est marquée par des disettes importantes. Bien avant l’abolition de l’esclavage, les Habitations sont pour la plupart en déclin.

Après 1848, les colons décident de recourir à l’immigration étrangère pour remplacer la main d’œuvre servile. De 1855 à 1877, ils vont ainsi recruter plusieurs centaines de Madériens et de Chinois, 2 000 Africains et près de 9 000 Indiens (les coolies) pour l’agriculture. Plus de la moitié......

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