« Face aux flux de cocaïne de la Guyane et des Antilles, l’État n’a plus les moyens de faire front ». Entretien avec Stéphane Quéré
Mules, gangs internationaux, pressions économiques, prisons sous tension : le trafic de cocaïne structure aujourd’hui une partie de la réalité sociale et sécuritaire des territoires ultramarins. Dans cet entretien réalisé lors de l'évenement "Les Outre-mer aux avant postes" organisé par Le Point, Stéphane Quéré, spécialiste du crime organisé, décrypte les mécanismes du narcotrafic, ses logiques économiques et les limites des réponses judiciaires et politiques mises en œuvre
Bonjour, je suis Stéphane Quéré. Je suis enseignant au Master de criminologie au CNAM, le Conservatoire national des arts et métiers, et par ailleurs j’édite un bulletin de veille consacré au crime organisé, sur différentes formes de criminalité organisée.
Rédaction Boukan : Très bien. Concernant la thématique qui nous intéresse, c’est-à-dire le trafic de cocaïne, est-ce qu’on peut d’abord s’intéresser aux différences entre les territoires ultramarins ? Est-ce qu’on peut distinguer la Guyane, les Antilles, mais aussi le Pacifique et l’océan Indien ? Est-ce qu’on peut dire que le trafic est présent partout, ou bien qu’il est particulièrement concentré dans certains endroits ?
Ça dépend du point de vue où on se place. Si on se place d’un point de vue métropolitain, les endroits stratégiques, les zones de rebond et de tran......
