Habiter les cordons sableux du littoral -Villages amérindiens et petites habitations créoles à Sinnamary et Iracoubo
Raphaël Létard, né en 1936 et ayant grandi à la Pointe Brigandin, à Sinnamary, décrit le littoral avec lyrisme : « Pendant de longues années, cette région de savanes bordées de plages ventilées a été un véritable don de la nature tropicale. Les habitants de l’époque en ont bien profité. Certains passaient leurs nuits à même le sable tiède, tapis derrière une souche laissée par la mer, pour se protéger des alizés. Les pêches étaient miraculeuses. Tous les oiseaux migrateurs du monde passaient par là. Ils séjournaient, nidifiaient […] Les grosses tortues de mer, kaouannes (tortues luth), tortillons, carrettes bleues ou grises, venaient par centaines labourer les dunes de sable de la plage. Comme c’est le cas, maintenant, sur la plage des Hattes et d’Awala, mais à une échelle dix fois plus grande. »
Les cordons sableux qui longent le littoral, appelés “cheniers” par les géomorphologues, marquent les anciens emplacements du trait de côte. Entourés de pripris et de savanes inondables, ils se transforment parfois en îles en saison des pluies. Les sols sableux et la présence de moustiques en ont fait des zones qui n’intéressaient que peu les colons, qui jugeaient ces terres infertiles et inhospitalières. Elles ont cependant été le lieu d’installation de villages amérindiens et de petites habi......
