La Réunion face au fléau du diabète
Muriel*, 64 ans, est une énergique retraitée de l’enseignement. Le quotidien de la Saint-Pierroise est bien rodé et le menu du petit-déjeuner, ritualisé : « Deux tranches de pain complet, de la margarine avec un peu de confiture, une chicorée et un fruit. Les fruits, je ne peux pas m’en passer, c’est mon péché mignon ! » confie-t-elle. Mais avant de manger, Muriel passe d’abord par la case piqûre, car comme son frère, sa sœur et sa fille, la Réunionnaise a un diabète de type 2. Elle contrôle donc son taux de sucre dès le réveil. « Ma sœur est morte du diabète à l’âge de 52 ans, c’est aussi ça qui m’a poussée à me prendre en charge », concède Muriel. La patiente a d’ailleurs eu de graves complications aux pieds, au niveau cardiaque et même aux yeux. L’empêchant de conduire pendant trois semaines. C’est une spécificité de La Réunion, les femmes sont davantage touchées par le diabète, elles représentent 54 % des malades contre 45 % en métropole. Le diabète survient aussi plus jeune, 53 % des patients l’ont déclaré avant 65 ans contre 37 % en métropole. Ici, il suffit d’échanger avec n’importe quelle famille pour prendre conscience de l’ampleur du problème. « Quand on intervient dans les écoles, ¾ des élèves d’une classe lèvent la main quand on demande s’il y a du diabète dans leur famille », constate Marie-Hélène Chopinet, chargée de mission à l’AFD 974. Depuis 1996, l’Associati......
