Le village Saamaka de Kourou, aux origines de l’activité spatiale en Guyane

Le « village Saamaka » est né en 1967 dans la ville nouvelle de Kourou, en marge du projet urbain de la première cité spatiale française et européenne. Habitat spontané tout juste encadré par les autorités du CNES et de la ville à l’époque, il s’est très vite dégradé pour devenir un bidonville emblématique des écarts de richesse et de la ségrégation socio-spatiale à l’œuvre dans la commune. Il faut attendre les années 90 pour qu’il fasse l’objet d’une opération de RHI (résorption de l’habitat insalubre) en voie d’achèvement aujourd’hui .

 

Au service de la modernisation

Le « village Saamaka » tient son nom des premiers ouvriers venus travailler sur les chantiers de la base spatiale à la fin des années 60. Les recruteurs du tout jeune Centre national des études spatiales (CNES), avide d’une main d’œuvre qualifiée quasi inexistante en Guyane pour assurer la construction du centre technique et de la ville nouvelle, avaient remarqué leur travail sur le chantier du barrage hydro-électrique d’Afubaka-Brokopondo au Suriname. L’anthropologue Richard Price raconte ainsi qu’« à la fin des années 60, alors que nous vivions sur les bords du fleuve Suriname, loin dans l’intérieur, une bonne moitié de la population masculine des villages qui nous environnaient était partie à Kourou, sur le site du futur centre spatial, gagner de quoi acheter les biens qu’ils rapportaient ensuite au village, au bout d’environ deux ans de travail salarié ». Le CNES, en s’appuyant sur l’Office national de l’immigration (ONI), organise le recrutement sous contrat de quelques 345 bushinenge dont la grande majorité sont d’origine saamaka. Les contrats de travail sont à durée déterminée afin d’éviter la sédentarisation des ouvriers à l’issue de la fin des chantiers et la formation de bidonvilles autour ...

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