Photo de Léon Collin
- Escale à Alger. Les condamnés arabes avant leur embarquement sur La Loire.
Parmi les quelque 70 000 condamnés envoyés en Guyane entre 1852 et 1938, plusieurs milliers étaient originaires de l’Empire colonial français (Algérie, Madagascar, La Réunion...).
Au premier plan, des condamnés de la catégorie des “ transportés ” portant une tenue plus claire et des bonnets. Derrière, des relégués, portant un costume gris et des chapeaux de feutre mou.
Photo de Léon Collin
- Navire La Loire, vers 1910.
Ce navire, construit à Rouen spécialement pour le transport des condamnés, est mis en service en 1902. Il effectuait deux voyages par an vers la Guyane. Réquisitionnée pendant la Première Guerre mondiale, La Loire est torpillée en 1918 en Méditerranée.
Photo de Léon Collin
- Tatouages.
« Les fouilles que l’on opère à bord de La Loire sont des prétextes à exhibition de tatouages inédits. [...] La plupart des condamnés portent, en effet, des dessins tatoués sur les mains, les bras, la poitrine, le dos, l’abdomen le ventre et même la face. [...] La cause de telles pratiques est sans doute dans la curiosité, le désœuvrement, l’amour de l’art et surtout l’idée de se distinguer, de se singulariser. Il y a bien aussi le tatouage dit érotique, au moyen duquel le tatoué poursuivrait un autre but, bien défini... ». Léon Collin, vers 1906-1910.
Photo de Léon Collin
- Assem et Viou.
À gauche, l’infirmier forçat Assem, originaire de Tunisie. À droite, Jacques Viou, âgé de 55 ans. Ce dernier est condamné à dix ans de travaux forcés en 1888 pour escroquerie au casino de Vichy. Il s’évade six fois et réussit deux fois à parvenir à Paris.
Photo de Léon Collin
- Lessive des forçats, à bord de La Loire
« Hebdomadairement, pendant le cours de la traversée, une lessive s’organise sur le pont, entre condamnés, avec les bailles d’eau douce fournies par l’équipage. C’est à qui rivalisera d’émulation ». Léon Collin, vers 1906-1910.
Photo de Léon Collin
- Équipe de canotiers aux îles du Salut.
« On m’appela sur le pont, avec mon sac, et on me fit descendre dans un canot [...]. Il y avait comme rameurs cinq condamnés ; parmi ceux-ci, deux que j’avais connus à Saint-Martin-de-Ré. Je ne les reconnus plus. Ce furent eux qui me souhaitèrent la bienvenue ! » Eugène Degrave (condamné en 1893) racontant son arrivée à l’île Royale.(dans Le Bagne, 1901)
Photo de Léon Collin
- Visite médicale au camp de Charvein.
« Le médecin précédent a été tué par un détenu. Du coup, le nouveau médecin ne veut voir les bagnards que s’ils sont nus. Comme ils sont très faibles, ils s’entraident et se déshabillent les uns les autres. [...] l’un des trois hommes par terre est décédé ». Léon Collin.Charvein est un camp forestier de correction situé sur le Maroni.
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- Cases de concessionnaires, près de la ligne du chemin de fer reliant Saint-Laurent-du-Maroni à Saint-Jean.
« Le même soir, nous quittons le camp des relégués par le même petit chemin de fer, qui nous amena de Saint-Laurent. Un peu avant d’arriver à la capitale du Bagne, on nous montre quelques terrains, où des condamnés privilégiés et choisis parmi les plus méritants vivent “en concession” sous la surveillance de l’administration. On aperçoit le long de la ligne du chemin de fer quelques-unes des cases, bâties sur le même style et le même alignement que l’Administration ». Léon Collin. En 1907, il y a 163 concessionnaires établis autour de Saint-Laurent-du-Maroni.