A la recherche de monsieur Kuo
Sale temps pour un Guyanais. À deux semaines de Noël, une vilaine vague de froid venue du nord s’abat sur le sud de la Chine. Le thermomètre dépasse péniblement les dix degrés et la pluie ne s’arrête plus de tomber. Comme si les nuages se mettaient subitement à déverser leur colère, lassés, vexés, meurtris par tous ces nouveaux gratte-ciels qui n’en finissent plus d’empiéter sur leur territoire. D’après les infos diffusées en boucle sur les écrans de télévision qui décorent chaque rame du rutilant métro de Shenzhen, cet épisode climatique semble assez exceptionnel pour faire la Une des journaux. Et justifier ainsi la présence d’une envoyée spéciale sous la pluie, sorte d’Évelyne Dhéliat locale, en nettement plus jeune, manifestement plus asiatique, et surtout terriblement plus sexy. De quoi réchauffer les cœurs avant de partir en quête d’un endroit au sec pour passer la nuit.
Les logements ne manquent pas à Shenzhen, où la taille moyenne d’un immeuble culmine à près de 100 mètres d’altitude. La faute, en partie, à la création de la zone économique spéciale qui a permis à la mégalopole du delta de la Rivière des Perles d’atteindre une croissance annuelle de plus de 25 % depuis 1980 (et de connaître un essor démographique tout aussi spectaculaire) en s’ouvrant aux investissements étrangers. Une manière radicale de tourner le dos aux décennies du règne communiste.
