Aquin, sur les traces des premiers Haïtiens de Guyane

C’est la communauté étrangère la plus importante du département. Pourtant, l’histoire de la migration entre Haïti et la Guyane française n’a pas plus de 50 ans. Les premiers à avoir tenté leur chance, en 1963, étaient pour la plupart originaires de la région d’Aquin. Dès lors, le sort de cette petite commune de pêcheurs calme et prospère deviendra à jamais lié à celui des dizaines de milliers d’Haïtiens et Haïtiennes qui ont suivi le mouvement en goûtant à la grande aventure guyanaise. Des plages de rêve qui n’ont rien à envier à celles des îles voisines les plus touristiques, des sourires plein de dents à tous les coins de rue, et de l’espoir, beaucoup d’espoir. Doux parfum de Caraïbes, azur, lambis et crustacés… Reportage à Aquin, la ville qui voit partir ses enfants en attendant qu’un jour, les touristes affluent enfin.

C’est une de ces vieilles maisons créoles, un peu penchée et fraîchement repeinte, qui font le charme de la région. Une terrasse ombragée déserte, un mur jaune vif et des volets en bois satinés. C’est ici que vit Madame Sonia. On est au cœur de la ville, à deux pas de l’église St Thomas d’Aquin, rue David St Preux, et accessoirement, à une demi-journée de “tap-tap” de la capitale, Port-au-Prince. « Madame Sonia, c’est l’une des mémoires de la commune d’Aquin », nous a-t-on prévenus. Ça mérite bien une petite visite à l’improviste. Les portes sont closes, mais une voix venue de nulle part nous invite à patienter. On est accueilli par un air légèrement étonné suivi d’un grand sourire de politesse. Elle est « désolée », peut-être un peu gênée aussi, de recevoir « dans ces conditions » - sans doute une allusion à sa coiffure effectivement plus très fraîche et, c’est elle qui le dit, à sa « robe de maison (à fleurs) pas très présentable ». Pour la photo, il faudra donc repasser. « Demain dimanche, propose-t-elle. À la sortie de l’église, histoire d’être un peu mieux apprêtée ». C’est que mademoiselle (qui affirme avec autant de charme que d’humour « ne pas avoir encore 18 ans ») est du genre coquette, avec ses petites perles accrochées aux oreilles et ses fines pommettes constellées de tâches de rousseur.

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