Entretien avec José Gomes Du rêve américain à la cité Arc-en-ciel
Il se dit « Brésilien, Français, mais surtout Guyanais ». Arrivé à Cayenne il y a un quart de siècle, cet homme aux multiples visages a toujours cultivé l’art de se retrouver là où on ne l’attendait pas forcément. Quitte à s’étonner lui-même.
Ça commence par un grand rire, aussi généreux que spontané. Ça le fait marrer, José, lorsqu'on lui demande comment il a atterri en Guyane : « C'est un peu fou comme histoire », rigole-t-il, derrière ses petites lunettes rectangulaires. Cette folle histoire, José Hermenegilao Gomes pourrait la conter pendant des heures et des heures. Jamais avare en anecdotes et précisions, souvent délicieuses, le natif de Santa Victoria (État du Minas Gerais, à l'est du Brésil) a le sens de la narration. « C'est un peu grâce à mes rêves si je suis là aujourd'hui. Mais mon rêve le plus cher, c'était de partir aux États-Unis», élude-t-il, en marquant une pause. José a vingt piges. On est en 1988, « à la fin de la dictature au Brésil ». Après avoir grandi dans la région de Natal, dans le Nordeste, il rejoint l'Amapa avec la bannière étoilée qui brille au fond des yeux. Le problème, c'est qu'il a besoin de 2 000 euros pour acquérir un visa pour les States. Il n'en a « que 360 en poche ». José décide donc d'aller voir ce qu'il se passe en Guyane française.
Macapa-Cayenne... en pirogue
