La pirogue symbole de la cohésion guyanaise ?

Mercredi 14 décembre 2016. Les Moïoema sont chanceuses. C’est le début de la saison des pluies, il a plu toute la journée, mais pour leur entraînement le beau temps est au rendez-vous. Elles ont presque toutes le t-shirt rose de leur équipe, assorti à la couleur de leur pirogue. La mise à l’eau se fait rapidement, elles sont habituées. C’est avec beaucoup de crainte que je me place à l’avant de la pirogue, à l’endroit où devrait normalement se trouver la rythmeuse, celle qui est chargée de compter les changements de place et de faire le contrepoids si nécessaire. Elle n’est pas présente pour l’entraînement. Nous ne serons que huit sur la pirogue. Lors des courses, l’équipage est composé de dix rameuses, une barreuse et une rythmeuse. « Je te préviens, ce n’est pas très stable, il faudra que tu suives avec ton corps les mouvements de la pirogue », m’indique Émilie Foulquier, la capitaine de cette équipe féminine. Je m’empresse de mettre un gilet de sauvetage.


Nous croisons d’autres équipes venues s’entraîner elles aussi sur le fleuve Kourou. Des saluts amicaux sont lancés. Des taquineries aussi. À la fin de l’échauffement, nous croisons la pirogue des Cariacous qui termine son entraînement. Une des Moïoema est à son bord. Elle nous rejoint pour enchaîner sur un second entraînement. Elle est musclée, vigoureuse. « Salomé a fait Rame Guyane en 2014, elle a terminé 5e. C’est une dingue de sport, m’explique la capitaine des Moïoema, il ne faut pas imaginer que nous sommes toutes comme ça. Lorsqu’on recrute, beaucoup de femmes hésitent à nous rejoindre, car elles pensent que nous sommes des sportives de haut niveau alors que ce n’est pas le cas de toute l’équipe ! Chacune a son niveau de départ, certaines n’avaient jamais ramé avant. Il suffit de bien s’entraîner et d’être motivée. »
La nuit tombe et la pleine lune se lève et se reflète sur le fleuve Kourou. Les pagaies de carbone frappent l’eau avec force. Une des membres de l’équipe aperçoit du plancton fluorescent. Et voilà que chacune se penche, la pirogue tangue. Je m’accroche comme je peux, elles maîtrisent leur embarcation. Les exercices s’enchaînent. « Il est important de travailler les départs. Pour la course des Maîtres de la pagaie, l’équipe qui est devant au départ a un avantage. Il nous arrive d’être derrière aussi, dans ces cas-là le mental est nécessaire pour ne pas se laisser abattre et remonter », décrit la capitaine.

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