La pirogue symbole de la cohésion guyanaise ?
Nous croisons d’autres équipes venues s’entraîner elles aussi sur le fleuve Kourou. Des saluts amicaux sont lancés. Des taquineries aussi. À la fin de l’échauffement, nous croisons la pirogue des Cariacous qui termine son entraînement. Une des Moïoema est à son bord. Elle nous rejoint pour enchaîner sur un second entraînement. Elle est musclée, vigoureuse. « Salomé a fait Rame Guyane en 2014, elle a terminé 5e. C’est une dingue de sport, m’explique la capitaine des Moïoema, il ne faut pas imaginer que nous sommes toutes comme ça. Lorsqu’on recrute, beaucoup de femmes hésitent à nous rejoindre, car elles pensent que nous sommes des sportives de haut niveau alors que ce n’est pas le cas de toute l’équipe ! Chacune a son niveau de départ, certaines n’avaient jamais ramé avant. Il suffit de bien s’entraîner et d’être motivée. »
La nuit tombe et la pleine lune se lève et se reflète sur le fleuve Kourou. Les pagaies de carbone frappent l’eau avec force. Une des membres de l’équipe aperçoit du plancton fluorescent. Et voilà que chacune se penche, la pirogue tangue. Je m’accroche comme je peux, elles maîtrisent leur embarcation. Les exercices s’enchaînent. « Il est important de travailler les départs. Pour la course des Maîtres de la pagaie, l’équipe qui est devant au départ a un avantage. Il nous arrive d’être derrière aussi, dans ces cas-là le mental est nécessaire pour ne pas se laisser abattre et remonter », décrit la capitaine.
