Les Guyanes à la voile

Le Rallye des Néréides emmène chaque année une vingtaine de plaisanciers au départ de Trinidad & Tobago, destination la Guyane, avec une escale au Guyana. Sur cette route maritime réputée impossible, contre vents et courants, l’ambition affichée du rallye est de proposer une option crédible sur les itinéraires des voiliers de voyage, lorsque la saison des cyclones sévit dans les Caraïbes. Sous un ciel uniformément gris, la mer ondule à peine, sans une ride. Les voiles pendent lamentablement, suivant les oscillations légères du mât. L’anémomètre, qui mesure la vitesse du vent, affiche 2 nœuds, soit un peu moins de 4 kilomètres à l’heure. C’est peu. Pas assez pour faire avancer un voilier. Et justement, deux jours plus tôt, le moteur auxiliaire a décidé de nous lâcher, définitivement, après avoir émis une série de petits pets fumants, à l’odeur de plastique et de métal carbonisé. Alors à bord, on attend, impuissants, que le vent revienne.

 

Au sud du hurricane belt

Au nord de Tobago, entre juillet et novembre, les bateaux naviguent dans une zone, grossièrement située, en Atlantique ouest, au-dessus du 11e parallèle nord, et que les assureurs et les météorologues ont pragmatiquement baptisé hurricane belt, la ceinture des ouragans. Pendant la saison à risque, la plupart des voiliers qui le peuvent choisissent de quitter la Caraïbe pour descendre vers le sud. Mais depuis quelques années le choix de destinations sûres est pour le moins réduit. La piraterie au Venezuela est devenue endémique. L’ouragan Matthew a touché la Colombie en octobre dernier. La zone désignée pour la navigation à Trinidad est un cauchemar industriel, peuplé de cargos et de pétroliers.
Deux jours que le vent est tombé. Merlin, notre petit cotre en aluminium, avec ses petits 28 pieds, soit 8 mètres 50 tout mouillé, a parcouru un peu moins de 5 miles dans les dernières vingt-quatre heures. Englués dans la ZCIT, la zone de convergence intertropicale. Ici, les longues périodes de calme succèdent à des grains orageux, en dessous desquels le vent peut souffler en tempête. Un requin est venu rôder autour de la coque un moment, avant de repartir déçu, attendant probablement son heure. Et puis, un éclair déchire le ciel, puis u......

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