Orpaillage illégal : Une guerre pour la forêt
Juste en face du bourg de Maripa-Soula, New Albina mérite malheureusement bien son titre de “ supermarché de l’orpaillage illégal ”. Des dizaines de commerces sur pilotis, construits en bois et en tôle colorée, s’alignent les uns après les autres sur la rive surinamaise. À l’intérieur de ces grands hangars, du riz et du poulet congelé sont à vendre tout autant que des motopompes et du mercure. Depuis une dizaine d’années, New Albina ne cesse de s’étendre. Derrière les commerces, les habitations de fortune se multiplient à un rythme effréné. D’ici partent les marchandises qui seront vendues à prix d’or sur les sites miniers illégaux du sud de la Guyane. C’est également l’endroit où transitent à un moment ou à un autre les garimpeiros, ces chercheurs d’or venus pour l’essentiel des régions pauvres du nord et du nord-est du Brésil.
Sur le Haut-Oyapock, c’est à Ilha Bela que s’organise la logistique de l’orpaillage illégal. Situé dans le périmètre du parc national brésilien das Montanhas do Tumucumaque, face à la rivière Sikini, ce village fait de cabanes en bois et en tôles n’a pas d’existence légale. Les quelque 200 personnes qui y habitent vivent exclusivement – directement ou indirectement – de l’exploitation aurifère clandestine en Guyane.
L’or extrait illégalement en Guyane est quant à lui acheminé en grande partie vers Paramaribo (Suriname) ou Oiapoque, au Brésil. Cette commune frontaliè......
