Orpaillage illégal : Une guerre pour la forêt

Lors du dernier survol de diagnostic de l’activité minière illégale dans le sud de la Guyane, le Parc amazonien a comptabilisé 177 sites actifs sur son territoire, soit un record historique depuis sa création. Depuis dix ans, en moyenne, l’établissement dénombre une centaine de sites actifs dans le sud de la Guyane. L’orpaillage illégal porte des atteintes considérables à la biodiversité et au cadre de vie des habitants, engendre des risques sanitaires et génère un climat d’insécurité et de violence intolérable. Les efforts de lutte conséquents mis en place depuis dix ans via le dispositif Harpie n’ont pas permis de venir à bout de ce fléau. D’autres volets entrent en jeu, notamment diplomatiques.

Juste en face du bourg de Maripa-Soula, New Albina mérite malheureusement bien son titre de “  supermarché de l’orpaillage illégal ”. Des dizaines de commerces sur pilotis, construits en bois et en tôle colorée, s’alignent les uns après les autres sur la rive surinamaise. À l’intérieur de ces grands hangars, du riz et du poulet congelé sont à vendre tout autant que des motopompes et du mercure. Depuis une dizaine d’années, New Albina ne cesse de s’étendre. Derrière les commerces, les habitations de fortune se multiplient à un rythme effréné. D’ici partent les marchandises qui seront vendues à prix d’or sur les sites miniers illégaux du sud de la Guyane. C’est également l’endroit où transitent à un moment ou à un autre les garimpeiros, ces chercheurs d’or venus pour l’essentiel des régions pauvres du nord et du nord-est du Brésil.
Sur le Haut-Oyapock, c’est à Ilha Bela que s’organise la logistique de l’orpaillage illégal. Situé dans le périmètre du parc national brésilien das Montanhas do Tumucumaque, face à la rivière Sikini, ce village fait de cabanes en bois et en tôles n’a pas d’existence légale. Les quelque 200 personnes qui y habitent vivent exclusivement – directement ou indirectement – de l’exploitation aurifère clandestine en Guyane.
L’or extrait illégalement en Guyane est quant à lui acheminé en grande partie vers Paramaribo (Suriname) ou Oiapoque, au Brésil. Cette commune frontaliè......

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