PARÁ Exploration aurifère & construction de barrages vont de pair

Depuis cinq ans, le Pará connaît une nouvelle ruée vers l’or d’une ampleur inédite. Elle est le fait de l’orpaillage artisanal, exercé le plus souvent clandestinement, et surtout de l’exploration industrielle. La prochaine réouverture du site de Serra Pelada avec sa mine souterraine entièrement mécanisée en est un bon exemple. Le projet à un milliard de dollars de la société canadienne Belo Sun Mining Corp. est encore plus emblématique. Situé sur les rives du Xingu, à 14 km du litigieux barrage de Belo Monte, le site abritera le plus grand projet d’exploration aurifère du pays. Selon Raimundo Gomes, éducateur populaire, la construction de barrages dans la région amazonienne est étroitement liée à la politique de développement de l’industrie minière du gouvernement fédéral (RNP)1: « Que ce soit Belo Monte ou la série d’aménagements hydroélectriques sur le fleuve Tapajós2, tous ces ouvrages sont destinés à fournir de l’énergie aux grands projets miniers en cours ou à venir sur l’Amazone inférieur ». Belo Sun a d’ailleurs proposé au consortium public en charge du barrage de partager les frais de construction des lignes de transmission vers Altamira. Pour Hélio Diniz, responsable du projet, l’affaire est en bonne voie et la production pourra débuter en 2015. Pourtant, en septembre dernier, à l’issue d’une audience publique plutôt hostile, la procureure de la République Thais Santi a pointé l’une des failles du dossier : « Les représentants de Belo Sun n’ont pas pris en compte les observations de la Funai3. L’anthropologue présente a porté la contradiction. Dès lors, ils n’étaient plus en mesure d’affirmer qu’il n’y aurait pas d’impact sur les terres indigènes ». Raul do Valle, coordinateur à l’Institut socio-environnemental (ISA), va dans le même sens : « L’étude d’impact validée par le Secrétariat de l’Environnement du Pará est absurde, car elle ignore l’existence du barrage ! ». Et de déplorer que, contrairement à Belo Monte, le dossier n’ait pas été instruit par Ibama, le gendarme brésilien de l’environnement. 1 Radioagência NP, média brésilien des travailleurs et des mouvements sociaux. 2 Construction de cinq centrales d’une capacité totale de 10 682 MW. 3 Fondation nationale de l’Indien (FUNAI). PHOTO : les rives du Tapajós (Atelier Aymara)

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