Pororoca, la colère de l’Araguari

C’est ainsi durant les deux ou trois jours qui précèdent et suivent chaque pleine ou nouvelle lune : quand, à l’estuaire, la marée devient montante, une vague prodigieuse se forme qui remonte le fleuve sur quarante kilomètres en à peine une heure. Cette vague, la pororoca, La Condamine l’a décrite il y a presque 300 ans. Il l’observa ici même, sur l’Araguari, le grand fleuve qui traverse l’État brésilien d’Amapa et se jette près de l’Amazone. Cette «lame, écrit-il, avance rapidement, brise et rase en courant tout ce qui lui résiste [et laisse] le rivage net comme s’il eût été balayé avec soin». Le phénomène, appelé mascaret en France, est connu sur différents fleuves des cinq continents. Lors des grandes marées d’équinoxe, il attire les foules de curieux sur les berges de la Dordogne, du Severn en Angleterre, du Qiantang Jiang en Chine ou du Capim près de Belém au Brésil".
