Les araignées reines du mimétisme
La ressemblance est frappante et la supercherie performante ! Sans une attention particulière, il est clair que nul ne peut se douter qu’il ne s’agit pas d’une fourmi, mais bien d’une araignée. Explications.
Les interactions entre les êtres vivants sont à la base du fonctionnement du monde biologique. Ces relations sont complexes et prennent de nombreuses formes comme la prédation, la compétition ou le mutualisme. L’une d’elles est le mimétisme. Celle-ci consiste, pour un organisme donné, à tirer un avantage en ressemblant à un organisme d’une autre espèce vivant dans le même habitat. La plupart des araignées, comme de nombreux arthropodes prédateurs en compétition, sont repoussées par l’omniprésente prédation des fourmis. Ces dernières sont, en effet, généralement agressives, venimeuses ou simplement nocives pour un ensemble de raisons propres à leur groupe d’insecte. Néanmoins, des centaines d’espèces d’arthropodes vivent à différents niveaux de proximité, voire même en association avec les fourmis. L’influence des fourmis sur les communautés écologiques est bien connue des scientifiques. La proximité et l’activité des fourmis ont influencé l’évolution d’autres organismes de multiples façons : en étant partenaires lors de relations symbiotiques (avec des bactéries), en fournissant des ressources (à d’autres organismes) et en servant de modèle dans l’évolution d’une remarquable variété d’espèces mimétiques. C’est cette dernière influence qui nous intéresse ici.
