Rencontre avec les cétacés du talus océanique guyanais

Clément scrute intensément l'horizon depuis plusieurs heures, à l'affut d'une irrégularité sur la surface couleur d'acier qui s'étend à perte de vue. Le soleil tape fort à cette heure de la journée, le vent quasiment absent, les voiles du KEA 45 claquent indécises, à peine bousculées par la brise. L'équipe du catamaran, constitué de bénévoles et de salariés du GEPOG et de deux skippers de OSL (Ocean Scientific Logistics), ronge son frein à une centaine de miles nautiques au large de la Guyane. Depuis deux jours et l'embarquement au port de Kourou, l'absence de vent a freiné la progression vers la zone d'intérêt, celles des abysses, là ou le talus continental du plateau des Guyanes s'effondre dans les profondeurs océaniques. Pour l'instant, le voilier file péniblement , propulsé par l'un de ses deux moteurs diesel, à 1 noeud face au vent et au puissant courant des Guyanes.

Cette mission d'inventaire des espèces pélagiques, c'est à dire des espèces situées au large s'est pourtant présentée sous de bons auspices. Dès les premiers miles nautiques, avant les îles du Salut, quelques sotalies ont pointé leur bec. Appelés souvent à tort "marsouins", ces dauphins d'estuaire, ne sont pas "pélagiques", ils vivent seulement dans les eaux brunes de nos côtes. Les choses sérieuses ont donc commencé pour la mission le lendemain, à une cinquantaine de kilomètres au large. Alors ...

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