Les tortues marines font depuis toujours partie du quotidien des habitants de Awala-Yalimapo. Animal traditionnellement craint dont ils consommaient les œufs, puis animal étudié et protégé générant une activité touristique, kawana a joué un rôle important dans l’histoire du territoire.
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Le monde spirituel kali’na est particulièrement riche. Derrière la figure centrale du shamane, appelé pɨiyai localement, se trouve un univers complexe accordant une place importante aux esprits. Petite initiation.
Le 9 décembre 1984, un Amérindien se levait face au représentant de l’État français et exposait les revendications des autochtones de Guyane. Retour sur le moment fondateur du combat identitaire amérindien en Guyane.
Aujourd’hui les enfants de Awala-Yalimapo bénéficient d’une école bilingue. Mais la scolarisation des jeunes kali’na du territoire n’a pas toujours été aussi respectueuse de leur culture. Le chemin aboutissant à cette école républicaine kali’na est le fruit d’un long combat après des années de souffrance.
Il y a quelques décennies, les Amérindiens kali’na vivaient dans des villages et dormaient en hamac. Leur alimentation provenait principalement des légumes et des fruits de l’abattis (manioc, dachine, banane…), de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Tous parlaient leur langue. Les hommes savaient naviguer, pêcher et construire des carbets. Beaucoup étaient à la fois chasseurs, vanniers, conteurs. Les femmes savaient confectionner les hamacs, faire des poteries, transformer le manioc en kasilipo, kuwakɨ ou alepa. Tous travaillaient à l’abattis et connaissaient les plantes médicinales. C’était ainsi depuis des générations. La question d’ “ être Kali’na” ne se posait pas.
Le sanpula est le tambour traditionnel kali’na. Présent dans tous les foyers il y a encore quelques décennies, il tendait à disparaître de Awala-Yalimapo au début des années 2000. Mais après le crépuscule des tambours vint la Nuit du Sanpula.
Lorsque la guerre civile du Suriname éclate, de nombreux Amérindiens des villages du bas Maroni viennent se réfugier de l’autre côté du fleuve, en Guyane. Ils deviennent alors les epatosan : « ceux qui ont traversé ».
Organisés initialement pour rassembler les différents peuples amérindiens de Guyane, les Jeux Kali’na sont aujourd’hui l’un des grands évènements sportifs de la région. Et si les Amérindiens de tout le territoire sont effectivement présents, c’est la Guyane dans sa diversité qui se retrouve chaque année à Yalimapo.